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L'expérience du deuil blanc chez le proche aidant : quand la personne qu'on aime est encore là, mais autrement

24 juil.
3 min de lecture

Dernière mise à jour : 25 sept.



Qu’est-ce que le deuil blanc?

Le deuil blanc fait référence au sentiment de perte vécu alors que la personne aimée est toujours vivante. Il ne s’agit pas d’un deuil lié à la mort, mais plutôt à la transformation progressive de la relation et de la personne que l’on connaissait.


Le proche aidant peut avoir l’impression de perdre, petit à petit, certains repères importants : les conversations d’autrefois, la complicité, les souvenirs partagés, les rôles familiaux ou encore la capacité de la personne à prendre des décisions comme elle le faisait auparavant.


Cette expérience peut être particulièrement difficile, puisqu’elle est souvent invisible pour l’entourage.


Des pertes qui touchent toute la famille

Les pertes cognitives peuvent entraîner plusieurs changements dans la vie quotidienne. La personne peut avoir de la difficulté à se souvenir de certains événements, à reconnaître des personnes, à suivre une conversation ou à accomplir des tâches qu’elle réalisait auparavant sans difficulté.


Pour le proche aidant, ces changements peuvent être douloureux et déstabilisants. Peu à peu, la relation peut se transformer. Le proche aidant doit alors s’adapter à une nouvelle réalité, souvent sans avoir eu le temps de faire le deuil de ce qui a changé.


Des émotions parfois contradictoires

Le deuil blanc peut faire naître une grande variété d’émotions. Un proche aidant peut ressentir de la tristesse, de l’impuissance, de la frustration, de la culpabilité ou même de la colère. Il peut également ressentir du soulagement lorsqu’une situation difficile est enfin prise en charge, puis se sentir coupable d’avoir ressenti ce soulagement.


Ces émotions peuvent coexister. Il est possible d’aimer profondément une personne tout en trouvant la situation difficile. Il est également possible de ressentir de la fatigue, de l’impatience ou le besoin d’aide sans que cela diminue l’amour que l’on porte à son proche.


Il n’y a pas une seule bonne façon de vivre cette réalité.


Le poids du rôle de proche aidant

Avec le temps, le rôle de proche aidant peut devenir de plus en plus exigeant. Les responsabilités peuvent s’accumuler : rendez-vous, gestion des médicaments, finances, repas, déplacements, sécurité, communications avec les professionnels et prise de décisions importantes.


Le proche aidant peut parfois avoir l’impression de devoir tout gérer seul.

Cette charge peut avoir un impact sur son énergie, son sommeil, sa vie professionnelle, sa vie familiale et sa santé émotionnelle. Il devient alors essentiel de reconnaître ses propres limites et de comprendre que demander de l’aide n’est pas un échec.


Au contraire, reconnaître ses limites est souvent une façon de mieux prendre soin de soi et de la personne que l’on accompagne.


Apprendre à vivre la relation autrement

Même si la relation change, cela ne signifie pas qu’elle disparaît. Avec les pertes cognitives, il peut être nécessaire de trouver de nouvelles façons d’entrer en relation avec l’être aimé. Les conversations peuvent devenir plus simples. Les souvenirs peuvent parfois être remplacés par des moments de présence, un sourire, une chanson, un geste tendre ou une activité partagée.


Il peut être bénéfique de se concentrer davantage sur ce que la personne est encore capable de vivre et de ressentir, plutôt que sur tout ce qu’elle a perdu.

La relation peut prendre une nouvelle forme, différente de celle d’avant, mais toujours porteuse de sens.


Se donner le droit de demander de l’aide

Le deuil blanc est une expérience profondément humaine. Pourtant, les proches aidants peuvent parfois se sentir seuls avec leurs émotions.


Parler de ce que l’on vit, chercher du soutien et accepter de l’aide peut faire une grande différence. Les professionnels de la santé, les travailleurs sociaux, les organismes communautaires et les ressources spécialisées peuvent accompagner les familles dans cette période de transition.


Lorsque les besoins de la personne évoluent et que le maintien à domicile devient plus difficile, la recherche d’une résidence adaptée peut également faire partie des réflexions à entreprendre.


Cette décision peut être chargée d’émotions. Elle ne signifie pas que l’on abandonne son proche. Elle peut plutôt représenter une nouvelle façon de veiller à sa sécurité, à son bien-être et à ses besoins, tout en permettant au proche aidant de retrouver une place plus significative dans la relation.


Vous n’avez pas à traverser cette étape seul

Accompagner un proche qui vit des pertes cognitives peut être une expérience exigeante, douloureuse, mais aussi remplie de moments précieux. Il est normal de vivre plusieurs émotions à la fois. Il est normal d’avoir besoin de soutien. Et il est normal que la relation évolue.


Le plus important est de se rappeler que demander de l’aide ne signifie pas aimer moins. Parfois, accepter d’être accompagné permet simplement de continuer à être présent autrement.


Le deuil blanc est une réalité vécue par plusieurs proches aidants. En parler, c’est déjà commencer à briser l’isolement.


 
 
 

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